Tome 1 - Prologue

Royaume-Uni

Il n’y avait pas plus impitoyable et plus patient que le karma dans l’univers. Lorsqu’il venait chercher son dû, aucune négociation n’était de mise. Les regrets, les promesses, les menaces, le déni ou se mettre en position de victime… Rien ne pouvait le faire sourciller.

Une dette restait une dette.

Si par un quelconque miracle, un individu arrivait à fuir ses obligations, il revenait en force, le sourire aux lèvres et plus déterminé que jamais à jouer les justiciers. Et, si la personne ne comprenait toujours pas le message ? Pas de problème.

Ce cycle infernal durerait aussi longtemps que nécessaire.

 

***

 

Du haut de son costume blanc, Matabei Yamazaki traversa la fête foraine d’un pas pressé. Sa destination : la tente d’une célèbre diseuse de bonne aventure qui était installée à l’écart du site.

— Isoide (dépêche-toi), commanda-t-il en solidifiant sa poigne.

Il traînait derrière lui son fils de huit ans qui peinait à suivre ses grandes enjambées. Pour le peu que cela lui importait, il avait d’autres raisons de s’inquiéter. Le garçon se reposerait plus tard, avait-il décrété.

Autour d’eux, les employés de la fête foraine débarrassaient les échoppes du champ. Ils partiraient bientôt vers la prochaine ville de leur itinéraire et recommenceraient leurs numéros de la même manière qu’ils le faisaient depuis le début de l’été.

Il régnait un chaos des plus intenses, lui-même nourri par le stress de respecter l’échéance. Gardiens de sécurité, marchands, clowns et préposés à l’entretien couraient dans tous les sens, traînant des boîtes par-ci, des tables par-là. Les manèges, quant à eux, se faisaient rapidement démonter par les mécaniciens.

Les préparatifs de départ duraient à eux seuls plusieurs jours. Quelques rares attractions restaient toutefois en vigueur jusqu’au dernier moment et c’était le cas de la tente que Matabei cherchait. L’Oracle Mirabella Filloni. Voilà un nom joli, certes, mais trompeur compte tenu du fait qu’il n’y avait point une goutte de sang italien dans ses veines. Question d’entretenir l’anonymat et un brin d’exotisme, paraît-il.

Lorsqu’il fut sur le point d’entrer dans son repère, il croisa un couple à qui l'on venait de prédire l’avenir. Enfin, prétendument. Il effectua un déplacement sur le côté et écarta son fils du chemin. C’est alors qu’il entendit l’un d’eux soupirer :

— J’espère qu’elle a raison.

— N’oublie pas ce qu’elle a dit. Ne précipite pas les choses si tu veux que ça fonctionne, conseilla son compagnon.

Matabei roula les yeux vers le ciel, découragé, mais le plus choquant était de découvrir l’allure de Mirabella à l’intérieur. Elle se prenait drôlement au sérieux avec sa boule de cristal, ses cartes de Tarot et ses habits dignes d’une bohémienne.

— Quelles supercheries leur as-tu racontées ? l’interrogea-t-il, le sourcil perplexe qui scrutait chaque détail de ce décor artificiel.

La dame continuait d’éteindre ses bougies sans prendre la peine de lui jeter le moindre coup d’œil. Elle n’avait pas besoin de le voir de ses propres yeux pour connaître son identité. Son corps vibrait de toutes parts, plus fort qu’en présence de n’importe lequel de ses confrères, et l’énergie ressentie dégageait une émotion qui était propre aux Élémentaires uniquement. D’autant plus que seulement deux familles de cette souche magique étaient suffisamment puissantes pour agiter ses sens de la sorte. Mais vu l’accent de son interlocuteur, elle savait que ce n’était pas un membre de la lignée chinoise.

— Le clan du Vent qui demande les services d’une humble Oracle... Qui t’a parlé de moi ?

— Interrogez vos cartes. Il paraît que vous êtes la meilleure dans votre domaine, répondit-il surpris qu’elle le reconnaisse.

— Contrairement à la tienne, ma magie n’est pas palpable. Elle ne vient pas sur commande et nécessite de la préparation.

L’étranger s’approcha de la table et prit l’une des cartes étalées dans le désordre. Il était facile de deviner qu’elle avait été achetée dans une vulgaire grosserie, sûrement fabriquée dans une entreprise de masse sans la moindre connaissance en la matière et sans avoir subi les rituels prérequis. Une carte tout ce qu’il y avait de plus rudimentaire en somme, comme n’importe quel objet sur place.

— Et, vous vous dites Oracle ? Sagishi (escroc), l’accusa-t-il les yeux toujours rivés sur le bout de carton lustré.

Sans doute s’attendait-il à ce que la vieille femme ne comprenne pas son langage. Elle arrêta toutefois ses occupations, insultée et se tourna pour l’affronter du regard.

— Pardon ?

Son fils se cacha derrière lui, effrayé par la tournure des événements.

— Nous savons, vous et moi, que vos tours ne sont pas de la magie.

Sa petite taille – typique des gens de son pays –, aurait pu le faire paraître pour un homme docile et peu menaçant s’il n’y avait pas cet air sévère sur son visage qui tendait à intimider les autres. Ceci, mêlé avec sa puissante aura, sa posture confiante et ses habits de marques. Il imposait le respect, certes, mais pas assez pour faire sourciller Mirabella. Une dame de sa trempe ne se laissait pas impressionner aussi facilement.

 

 

(La suite à la page 2...)

— Sache que personne ne souhaite vraiment connaître la vérité, rétorqua-t-elle. Les gens me paient pour leur dire ce qu’ils veulent entendre et c’est exactement ce que je fais.

Elle reprit son bien d’un mouvement sec. Que quelqu’un ne croyait pas en ce qu’elle faisait, cela ne la dérangeait guère, mais consentir à de telles accusations, il en était hors de question. Surtout venant d’un personnage comme lui, d’un sorcier de premier niveau qui se croyait supérieur aux autres.

— Je répète ma question… Pourquoi es-tu venu ici ? s’enquit-elle d’un ton sévère. Souhaites-tu réellement connaître l’avenir ou souhaites-tu un simple entretien avec une diseuse de bonne aventure ?

— La vérité. Celle des vraies cartes.

Son faciès se renfrogna et elle croisa brièvement le regard du petit garçon.

— Onegai shimasu (s’il vous plaît), s’inclina le père ; geste qui relevait plus de l’impatience que de la politesse.

Utiliser la magie comportait son lot de risques. Elle l’aurait envoyé balader si cela ne tenait que d’elle, mais un danger se profilait à l’horizon et voilà peut-être sa seule porte de sortie.

— Venez, souffla-t-elle après hésitation.

Elle leur indiqua le chemin d’un signe de tête, puis ils pénétrèrent tous les trois dans la maison roulotte située à quelques pas de la tente. L’Oracle prit soin de verrouiller la porte et de fermer les stores, empêchant les regards curieux d’être témoin de son réel pouvoir. Elle tendit ensuite la main vers l’enfant qui attendit d’avoir l’approbation de son père pour la suivre. Un hochement de tête lui disait qu’il n’avait rien à craindre.

Sur ce, elle l’emmena jusqu’à sa pseudochambre et déposa un livre à colorier sur le lit.

— Ma petite-fille adore ça.

Bien que sa famille fût trilingue, le garçon était encore trop jeune pour bien comprendre l'anglais, et encore moins avec l'accent britannique. Il saisit toutefois la demande lorsqu'elle pointa les crayons et il se mit à l'ouvrage. Jamais Mirabella n'aurait eu la chance de voir un enfant aussi docile que celui-ci.

Sur ce, elle revint sur ses pas, et ferma le rideau de perles qui laissait entrevoir la pièce d’à côté. Elle sortit ensuite une boîte en bronze, d’apparence défraîchie par le temps, et qu’elle avait dissimulée sous l’un des bancs.

— Installe-toi, dit-elle en pointant sa petite table.

L'un s'assit en face de l'autre, puis elle sortit une clef qu'elle gardait sous son chemisier, bien à l'abri des voleurs. Une clef visiblement ancienne par les taches rougeâtres de la rouille qui sillonnaient le métal dépoli. Mirabella l'inséra dans le trou de la serrure et un « clock » retentit. Le trésor se dévoila enfin.

À l'intérieur du coffret, étaient dissimulées des cartes de la même grosseur que les précédentes, mais contrairement à celles-ci, elles ne détenaient aucune représentation. D’après leur couleur jaunie et les coins ébréchés, elles servaient sans doute l’Oracle depuis des années. Peut-être était-ce un héritage qui se transmettait de génération en génération ?

Un mal de crâne atroce tenaillait la vieille femme depuis qu’elle avait touché le gamin. Tant et si bien qu’elle se frotta la tempe. Ces maudits sorciers de pures souches… Ils titillaient ses pouvoirs qu’elle avait déjà utilisés plus que nécessaire durant sa longue vie.

— Filoni-san ? s’inquiéta Yamazaki.

— Vous n’êtes pas sans savoir que tout ceci a un prix. N’est-ce pas ?

— Haï, approuva-t-il. Dites le prix et je paierai.

— J’ai entendu dire que plusieurs chefs de clans Élémentaires rivaux ont formé un Cercle de Magie. Nous ne sommes pas Élémentaires, ni de premier niveau, mais je veux que ma famille en fasse partie.

Elle ne parlait pas pour elle, mais pour sa fille et sa petite-fille qu’elle voulait savoir en sécurité le jour où elle ne serait plus de ce monde ; heure qu’elle sentait arriver pour bientôt.

— Une protection ?

— Les fréquences sont de plus en plus agitées. Quelque chose de gros se prépare.

Jusqu'où un homme serait-il prêt à aller pour rembourser une dette ? Surtout un karma de cette envergure, sachant que ni l'argent, ni le temps et ni le travail ne pouvait en venir à bout ? Ses réflexions s'écourtèrent rapidement. Si cette sorcière était aussi douée que la rumeur le disait, il devait oublier sa fierté et saisir cette chance.

Le fait est qu’ils avaient besoin l’un de l’autre.

— Ōkē, acquiesça-t-il avec son accent japonais. Montrez votre talent et nous vous initierons.

Mirabella parut plus apaisée.

— Bien. Quelle est ta ou tes questions ? demanda-t-elle tout en mélangeant ses instruments de divination avec l’agilité d’un croupier.

— Je veux savoir où est Kigen no Hashira…

Il réfléchit à la manière qu’il pouvait traduire ce concept dans la langue de Shakespeare, puis il se reprit.

— Euh… Comment vous dites dans votre langage ? Le Pilier d’Origine ?

La vieille femme arrêta brusquement son ouvrage et le dévisagea d’un air suspicieux.

— Est-ce vraiment ce que tu cherches ? Le sujet qui te trotte dans la tête ne concerne-t-il pas l’avenir de ton fils ?

Il ne savait pas quoi répondre. Elle avait donc vu juste.

— Un Sans-Pouvoir dans une lignée de pures souches, reprit-elle sans le moindre tact. Je ne croyais pas cela possible.

Toujours le silence de la part de son client. La honte pouvait se lire partout sur son visage. Mirabella lui présenta finalement le paquet en ordonnant :

— Bien. Dans ce cas, pose ta main là-dessus.

 

(La suite à la page 3...)

Matabei obéit sans dire un traître mot après avoir rectifié l’intensité de son appareil auditif pour la troisième fois depuis son arrivée. Une fois ceci fait, Mirabella commença à faire défiler les cartes avec ses pouces, une par une. Durant le processus et uniquement lorsqu’elle jugeait nécessaire de le faire, elle en sortait une du lot, puis la déposait sur la table. Elle passa finalement sa main au-dessus du tas et la magie opéra.

Les cartes se placèrent d’elles-mêmes en trois groupes. Le passé, le présent et le futur. Matabei ne voyait rien, mais l’Oracle, quant à elle, était en mesure de décrypter l’énergie qu’il avait laissée sur ces dernières. Les couleurs et les formes prenaient vie sur ses instruments, selon ses empreintes d’énergies qui étaient propres à lui seul. Étant donné son niveau, elle pouvait même être témoin de brèves scènes dans son esprit lorsqu’elle les touchait.

Après avoir fait le tour du passé et du présent, elle tomba ensuite sur le futur ou plutôt sur une carte en particulier qui changea complètement la donne.

Son air assuré disparut aussitôt. Ses yeux roulèrent vers le haut pour ne laisser que deux billes blanches au centre d’un visage de plus en plus crispé. Mirabella tomba visiblement en transe, mais cet instant où elle perdit le contact de la réalité n’avait rien d’une transe normale.

Voilà qu’apparurent des images atroces, toujours selon le point de vue du père, et reflétant la souffrance et le sombre combat d’un jeune homme qui était sans aucun doute le petit qui coloriait dans la pièce voisine. On aurait dit des millions de fils invisibles qui se connectaient à son esprit. Jamais elle n'avait vu autant de vies reliées à celle d’une même âme. Jamais elle n’avait senti le poids d’une si grande pression dans le cœur d’une personne. La noirceur le suivait partout et le suçait jusqu’à la moelle.

La douleur était insupportable pour l’Oracle. Ses mains, son corps… Ils se contractèrent à un point tel qu’ils se mirent à convulser sur le banc. Matabei, lui, ne savait pas comment réagir. Il oscillait entre son désir de l’aider et son devoir de client, car en théorie, il ne fallait surtout pas intervenir lorsqu’une personne était en communication avec les fréquences de l’univers.

La séance dura à peine une ou deux minutes. Temps qui parut une éternité tant par la violence des visions que par leur nombre impressionnant. Et au moment même où les dernières images allaient se dévoiler à elle, Mirabella perdit connaissance.

La pression était trop forte.

Le réflexe de l’Élémentaire fut de balayer son bras dans le vide, en direction du corps qui tombait, tout en prononçant un mot simple, mais efficace : « Fisiki ». Un tourbillon de vent souffla sous l’Oracle, créant ainsi un coussin qui amortit la chute de cette dernière. Ouf ! Il était moins une ! Il bondit ensuite à sa rescousse.

— Filloni-san.

La remuer délicatement, puis quelques petites tapes sur la joue… Comme elle ne reprenait pas connaissance, les pires scénarios affluèrent dans son esprit. Entre temps, son fils avait entrouvert le rideau de perle de sa main frêle.

— Chichi (papa) ? demanda-t-il d’une voix tremblante.

Aucune réponse de sa part, car trop concentré sur son intervention. Il inspecta la respiration de Mirabella, puis son pouls. Par chance, elle n’était pas morte. Il prit donc le corps inerte dans le creux de son bras pour rehausser son intervention.

— Réveillez-vous.

Encore quelques petites tapes… Un certain temps fut toutefois nécessaire avant que la vieille dame ne puisse ouvrir les yeux, reprendre son souffle et l’entière maîtrise de ses muscles, puis de ses pensées.

— Daijôbu desu ka (tout va bien) ? l’interrogea-t-il, inquiet.

— C’est elle qui t’a demandé de venir, cette maudite Misako, souffla-t-elle d’une voix sèche et irritée.

Sa bouche… Mirabella avait l’impression de ne pas avoir bu une goutte d’eau depuis des siècles. Son client n’eut pas le temps de répondre qu’elle se leva de peine et de misère pour aller se remplir un verre. Par précaution, il la suivit dans son mouvement et resta près d’elle.

— Ça n’a aucun sens, marmonna-t-elle à elle-même. Si c’est le destin des Yamazaki d’aller là-bas, elle aurait pu les guider, elle. Pourquoi m’avoir impliquée là-dedans ? À moins que… Argh. Espèce de lâche. Laisser les autres faire son sale boulot. Tu ne perds rien pour attendre Misako.

— Filloni-san ?

Comme il ne semblait visiblement pas comprendre ce qu’elle disait, elle bafouilla, désorientée par ses propres conclusions :

— Vous voulez toujours savoir ?

— Haï.

Elle se remplit un autre verre avant de s’appuyer contre le comptoir. Sa main tremblait et son teint était pâle. Son corps entier était en état de choc. Ses yeux croisèrent de nouveau le petit qui n’osait pas quitter sa cachette. Son cœur se serra.

— Ce n’est pas seulement le karma de votre famille qui est en jeu.

L’invité fronça les sourcils, encore plus confus dues aux allégations de son interlocutrice. Il s’apprêta ensuite à lui faire cracher les vers du nez lorsque quelqu’un cogna subitement à la porte de la caravane.

— Grand-mère. C’est moi, déclara une voix que Mirabella reconnaissait parfaitement.

Une intuition puissante prit cette dernière par surprise. Adèle… La raison pour laquelle on avait voulu l’impliquer dans cette histoire ce n’était pas pour elle ou parce que la première Oracle ne voulait pas être concernée par de telles aventures.

C’était pour sa petite-fille…

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Mot de l'auteure :

Et voilà pour le prologue ! Si vous avez des commentaires, n'hésitez pas ;) Pour se rendre au premier chapitre, il suffit juste de cliquer sur le parchemin ci dessous.

 

Commentaires

  • ma_st-pierre
    Prends ton temps pour y répondre. Rien ne presse. Je trouve ton blog très intéressant, criant de vérité et j’aime le concept d’aider les auteurs indépendants. C’est justement ce que je voulais faire de mon côté^^

    Merci beaucoup de prendre le temps de venir faire ton tour et de prendre le temps de commenter. C'est très apprécié.

    Je suis contente que le prologue te plaise. Ce premier tome est une sorte d'introduction, une base solide sur laquelle l'intrigue va se poser. Comme c’est une saga avec un univers complexe, je dois prendre le temps. Je dois me donner une chance d’exploiter chaque aspect à son maximum.

    De plus, tu vas remarquer l’utilisation de quelques clichés, mais j’essaie de les modifier à ma sauce pour montrer que justement, il y a plusieurs manières d’aborder un concept. J’espère pouvoir te surprendre :)

    Merci beaucoup pour tes encouragements. Bonne continuation pour ton deuxième tome et pour ton blog aussi !
    M.A.
  • Stéphanie Bellamy
    Coucou :)

    Déjà, merci pour tes commentaires sur mon blog. Je vais essayer de répondre à tous ce week-end. En attendant, je me suis plongée dans la lecture de ces extraits, et je t'avoue que ce début de prologue est très alléchant. Je le terminerai, mais je le lirai pas le chapitre 1, voulant me laisser la surprise de la découverte une fois ton livre en vente. Je compte bien me pencher dessus XD L'écriture est bien tournée, bien menée, j'aime beaucoup :) En plus, magie et tout...tout pour me plaire XD

    Bisous,

    Stéphanie.

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