Le Nettoyage du Manuscrit

Selon le site http://lesnouveauxtalents.fr , nous devrions perdre 10% du texte initial lors de la correction, car il ne faut pas se contenter uniquement d'éliminer les coquilles. Tous les manuscrits doivent subir un nettoyage avant d’être envoyés à une maison d'édition (ou d’être publié en auto-édition).

Qu'est-ce que le nettoyage ? C’est simple : supprimer tout le superflu et déjouer toutes les maladresses imaginables.

En faisant abstraction des fautes à corriger, j’ai découpé le nettoyage en 4 catégories. Mais avant de commencer, voici une vidéo très pertinente :
https://www.youtube.com/watch?v=FQAw8p5SfYE&t

*J’avais introduit cette chaîne dans ma liste de liens utiles. Je vous suggère d’aller la découvrir si vous cherchez des tutoriels autour de l’écriture.
 

IconeIcone Les Verbes D’État IconeIcone

Voici la liste des principaux :

  • Apparaître
  • Avoir l’air (par exemple : j’ai l’air d’un, il a l’air malade…)
  • Demeurer (pour exprimer une continuité)
  • Devenir (je deviens fort, je deviens paranoïaque…)
  • Être (par exemple, dans les contextes suivants : être appelé, être choisi pour, être considéré comme, etc.)
  • Paraître
  • Passer pour
  • Rester (pour exprimer une continuité)
  • S’appeler
  • S’avérer (par exemple : il s’avère que, il s’avère exacte…)
  • Se faire (se faire quelque chose, se faire mal…)
  • Sembler
  • Se montrer
  • Se trouver (par exemple : je me trouve jolie, je le trouve laid, je trouve que…)
  • Tomber (malade, amoureux, etc.)

Je ne dis pas qu’il est interdit de les utiliser, mais il serait préférable de les minimiser. Cela démontre un langage pauvre, mal perçu en littérature.

Attention ! Certains peuvent être à la fois des verbes d’action et des verbes d’état, tout dépendant du contexte. Pour déterminer si c’est un verbe d’état dans le contexte actuel, il suffit de le remplacer par le verbe « être ».

Exemples :

  • Je tombe amoureux. Je suis amoureux.
  • Il a l’air furieux. Il est furieux.
  • Je me trouve jolie. Je suis jolie.
  • Il se montre intransigeant. Il est intransigeant.

Versus lorsqu’ils sont en mode « verbes d’action » :

  • Il est tombé de sa chaise.
  • Il trouva un artéfact dans les profondeurs de la mine.
  • Il nous montre son doigt d’honneur.

Vous voyez la différence au niveau de l'interprétation ? Si vous rencontrez le premier cas, adoptez des méthodes différentes pour illustrer votre pensée. Votre histoire n’en sera que plus riche et plus immersive, car vous ne vous contenterez pas de dire. Vous le démontrerez.

Pour y arriver, posez-vous des questions. C’est mon truc personnel, mais pour que ce soit plus clair, laissez-moi vous aider en reprenant deux exemples cités plus haut.

 « Il a l’air furieux. » D’accord. Mais, quels détails lui font dire que cette personne est furieuse ?

« Je me trouve jolie. » Pourquoi te crois-tu jolie ? À quoi ou à qui te compares-tu pour penser que tu l’es ?

Voici des exemples à partir des questions posées :

  • Il a l’air furieux.
  1. La frustration se lit dans le ton de sa voix.
  2. Il me toise d’un regard électrisant.
  3. Il a les sourcils froncés et les lèvres pincées de colère.
  • Je me trouve jolie.
  1. Si je me compare à mon rustre frère, je peux affirmer sans le moindre doute que mon visage est joli.
  2. Mon visage est affublé d’une beauté naturelle. Une beauté subtile et sans artifice.
  3. Mes lèvres parfaitement dessinées, mon regard félin et mon grain de peau lisse et éclatant me classent dans une catégorie exclusive ; celle des filles dites « jolies ».
  4. Lorsque les regards admiratifs se tournent vers moi, cela me convainc qu’en effet, mon relooking me rend plus jolie.

N’est-ce pas plus précis ainsi ? Cela nous permet aussi de nous démarquer des autres, de mettre notre petite touche personnelle et de donner du caractère à l’histoire. Nous pouvons aussi utiliser la personnalité du protagoniste pour ce faire. Si le personnage est hautain par exemple, utilisez ce défaut à votre avantage pour narrer la scène.

Bref, à vous de jouer !
 

IconeIcone À Proscrire IconeIcone

Ça
Il est autorisé dans les dialogues et uniquement là. Ailleurs, il faut le remplacer par « ceci », « cela », « ce » et si cela ne sonne pas assez joli selon vous, rien ne vous empêche de construire la phrase autrement.

Expressions Lourdes

  • L'expression: Je me mets à…/ Il s’est mis à…
  1. Exemple #1 : Plutôt qu’écrire : « Je me mets à courir. », nous pouvons simplement écrire « Je pique une course. » ou « Je m’élance au pas de course vers… ».
  2. Exemple #2 : « Il s’est mis à pleurer. » Pourquoi ne pas écrire plutôt « Les larmes coulèrent sur ses joues. » ou « Il sanglota dans mes bras. » ? N’est-ce pas plus joli ? Il me semble que oui, mais peut-être que je me trompe.
  • L’expression : en train de…
  1. Plutôt qu’écrire « Je suis en train de faire quelque chose. », nous pouvons écrire « Je fais quelque chose. ».

Ce sont les seuls exemples qui me viennent à l’esprit pour le moment, mais il y a d’autres expressions du genre. Non seulement c’est inutile, mais cela rejoint les verbes d’état au niveau de la pauvreté du langage. Bref, ce n’est pas pertinent et cela alourdi le texte.

Aussi, je me permets de dire que nous ne devons pas écrire comme nous parlons. Il y a une grosse différence entre le langage écrit et le langage verbal. Dans les dialogues, cela ne pose aucun problème qu’un personnage s’exprime avec son propre jargon ou dans un registre familier. Ailleurs, il est suggéré de surveiller sa plume, même si notre roman possède un langage plus familier.
 

IconeIcone Les Adjectifs/Adverbes/Compléments De Phrase IconeIcone

Trop d’adjectifs et trop d’adverbes alourdissent le texte. Les mots finissant par « ment » est le parfait exemple.

Parfaitement, certainement, absolument, heureusement, joliment, secrètement, joyeusement, piteusement…

Bref, il en existe tout un tas.

Parlons aussi des phrases inutilement longues. Certains auteurs veulent rendre leur histoire poétique avec un chariot de métaphores et de longues phrases, comme si nous lisions un grand monologue. Perso, je n’ai rien contre si ce n’est pas abusé et si les lecteurs ne se perdent pas durant la lecture.

Pensez-y. Si un roman entier est écrit de cette manière, on se retrouve avec une intrigue qui se déroule lentement. Très lentement. Il faut jouer avec le rythme, savoir dynamiser l’histoire pour la rendre non seulement jolie, mais palpitante. Mais, cela dépend aussi de l'histoire et l'intention de l'auteur.
 

IconeIcone Les Phrases/Paragraphes/Scènes Inutiles IconeIcone

Cette partie est plus subjective. Non pas au niveau de la règle, mais plutôt de ce qui pourrait paraître inutile dans son propre récit. Plusieurs facteurs peuvent influencer nos décisions.

Si vous avez un doute, prenez le temps de vous mettre à la place des lecteurs. C’est le seul conseil que je peux donner sur ce point.
 

IconeIcone Conclusion : Surveiller Nos Manies IconeIcone

Nous avons tous des manies lorsque nous écrivons et elles se perçoivent facilement dans nos brouillons/premier jet, parfois même dans le résultat final. Certains ont tendance à utiliser souvent le mot « mais ». Dans mon cas, je mets beaucoup trop de connecteurs et d’adverbes. Dernièrement, je me suis rendue compte que j'utilise peut-être des verbes d'état (il me semble en avoir utilisé une ou deux fois dans Cydartha) et que parfois, on a l'impression de lire des phrases saccadées (en voulant éviter de faire des phrases inutilement longues, j'essaie de les raccourcir, mais le résultat n'est pas toujours meilleur). C'est d'ailleurs sur quoi je travaille en ce moment : afiner mon style d'écriture.

En prenant conscience de ses manies, il est plus facile de les repérer lors de la correction, mais j'avoue qu'il est difficile de les cerner soi-même. C'est pourquoi je me considère en apprentissage et le serais-je sans doute toujours. Il faut constamment fournir des efforts pour améliorer son style, que ce soit en lisant ou en s'exerçant.

Je vous souhaite une belle journée/soirée/nuit et prenez soin de vous !

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